Paye (nom féminin, subst. féminin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Voyez PAIE.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Salaire des ouvriers et autres personnes.
J. J. ROUSSEAU: « J'eus bientôt plus d'écoliers qu'il ne m'en fallait pour remplacer ma de secrétaire »
    Demi-paye, la moitié de la .
    Fig.
     Auteurs déguisés, p. 77: Personnes de piété qui.... souhaitaient de ne se voir pas exposées à la tentation de la vanité [en publiant un livre], et ne savaient pas d'autre moyen pour le faire que de supprimer leur nom, dans l'espérance de demeurer cachées et de recevoir de Dieu plutôt que des hommes la de leur travail

 2   Action de donner la . C'est aujourd'hui jour de .

 3   Salaire des gens de guerre.
ROLLIN: « Ce satrape donne un mois de à toute l'armée sur le pied d'une drachme, c'est-à-dire de dix sous à chaque soldat par jour »
MONTESQ.: « Le sénat ayant eu le moyen de donner une aux soldats, le siége de Veïes fut entrepris »
    Haute , solde plus forte que la solde ordinaire.
    Celui qui reçoit la haute (il s'emploie principalement au pluriel). Les hautes s du régiment.

 4   Celui qui .
PICARD: « C'est lui seul qui entraîne M. Durville, qui était une excellente »

 5   Morte-paye, soldat qui ne faisait pas de service et que le roi ne laissait pas de r. Les invalides de l'hôtel étaient des mortes-payes.
RETZ: « On n'eût pas manqué de lever la garde du bois de Vincennes, et de n'y laisser que des mortes-payes ordinaires »
    Par extension, celui qu'on entretient sans qu'il rende aucun service, par exemple un domestique invalide.
    Au plur. Ceux qui ne peuvent r leurs contributions. Il faut tenir compte des mortes-payes.

PROVERBE D'une mauvaise on tire ce qu'on peut, il faut se contenter du peu que donne un débiteur qui n'a pas la volonté ou le pouvoir de s'acquitter ; et fig. il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils ne veulent ou peuvent faire.

SYNONYME
    PAYE, SOLDE. La solde ne se dit que des gens de guerre. La a un sens plus général : elle se dit aussi bien des ouvriers que des soldats.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
DU CANGE: « C'est à savoir chascun mil livres parisis à trois paies chascun an »
     Ass. de Jérus. I, 61: Et se le requerant nie la paie....
    XIVème siècle
E. DESCH.: « Et ains que li ans fust passez, De ces escuz que vous sçavez [rançon du roi Jean], En deut quatre cent mille avoir, Et ainsi, ce devez sçavoir, Chascun an jusqu'à fin de »
    XVème siècle
COMM.: « Tant pour le camp que des mortes s »
    XVIème siècle
AMYOT: « Recevoir et salaire du public »
MONT.: « Celui qui se tient dans une tranchée descouverte, que faict il en cela que ne facent devant luy cinquante pauvres pionniers qui lui ouvrent le pas et le couvrent de leur corps pour cinq sols de par jour ? »
CARL.: « Il y avoit en chasque compagnie quatre s royales, à quarante livres par moys chascune »
CASTELNAU: « Et promesse d'une franche, s'ils s'abstenoient du pillage »

ÉTYMOLOGIE
    Voy. PAYER ; prov. paga, pagua, paia ; espagn. et ital. paga.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Ce qu'on donne aux gens de guerre pour leur solde. "Donner la aux troupes. Paye de capitaine, de lieutenant, etc. On retient tant à chaque soldat sur sa pour sa chaussure. La de l'armée. Il a double ."
"Haute ," Solde plus forte que la solde ordinaire. "Il est à la haute ." Il se dit aussi de Celui qui reçoit la haute ; et, en ce sens, il s'emploie principalement au pluriel. "Les hautes s du régiment."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois Du salaire des ouvriers. "Cet ouvrier reçoit sa tous les huit jours."
Il se dit aussi de L'action de donner la . "La des soldats se faisait tous les cinq jours. La de ces ouvriers se fait tous les samedis. C'est aujourd'hui jour de ."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit aussi de Celui qui . "C'est une bonne , une mauvaise ," Il bien, il mal.
Prov., "D'une mauvaise on tire ce qu'on peut," Quand un débiteur n'a pas la volonté ou le moyen de r tout ce qu'il doit, il faut quelquefois se contenter du peu qu'il offre; et, figurément, Il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils n'ont la volonté ou le pouvoir de faire.
"Morte-paye." Nom que l'on donnait autrefois à un soldat entretenu à demeure dans une garnison, tant en paix qu'en guerre.
"Morte-paye," se dit, par extension, d'Un vieux domestique, ou de quelque autre homme qu'on entretient dans une maison, sans qu'il y fasse aucune fonction, ni qu'il y rende aucun service. Il se dit également, surtout au pluriel, de Ceux qui ne peuvent pas r la contribution à laquelle ils sont imposés.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Ce qu'on donne aux gens de guerre pour leur solde. "Donner la aux troupes. Paye de Capitaine, de Lieutenant, d'Enseigne, etc. Un Lieutenant qui tire de Capitaine, qui a de Capitaine. On retient tant à chaque soldat sur sa pour son habit. La de l'armée. Il tire double ".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Paye, se dit aussi De celui qui . Ainsi on dit d'Un homme, que "C'est une bonne , une mauvaise ," pour dire, qu'Il bien, qu'il mal.
On dit proverbialement, "De mauvaise paye, on tire ce qu'on peut," pour dire, que Quand un débiteur n'a pas la volonté ou le moyen de r tout ce qu'il doit, il faut quelquefois se contenter du peu qu'il offre.
Il se dit aussi au figuré, pour dire, qu'Il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils n'ont la volonté ou le pouvoir de faire.
On appelle "Haute ," Une solde plus forte que la solde ordinaire. "Il est à la haute ".
On appelle aussi "Haute ," Celui qui reçoit la haute . En ce sens il se dit principalement au pluriel. "Les hautes s du régiment".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Ce qu'on donne aux gens de guerre pour leur solde. "Donner la aux troupes. Paye de Capitaine, de Lieutenant, d'Enseigne, &c. Un Lieutenant qui tire de Capitaine, qui a de Capitaine. On retient tant à chaque soldat sur sa pour son habit. La de l'armée. Il tire double ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit aussi De celui qui . Ainsi on dit d'Un homme, que "C'est une bonne , une mauvaise ," pour dire, qu'Il bien, qu'il mal.
On dit proverbialement, qu'"Il faut tirer d'une mauvaise ce qu'on peut," pour dire, que Quand un débiteur n'a pas la volonté ou le moyen de r tout ce qu'il doit, il faut quelquefois se contenter du peu qu'il offre.
Il se dit aussi au figuré, pour dire, qu'Il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils n'ont la volonté ou le pouvoir de faire.
On appelle "Haute-paye," Une solde plus forte que la solde ordinaire. "Il est à la haute-paye."
On appelle aussi "Haute-paye," Celui qui reçoit la haute-paye.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Ce qu'on donne aux gens de guerre pour leur solde. "Donner la aux troupes. de Capitaine, de Lieutenant, d'Enseigne," &c. "Un Lieutenant qui tire de Capitaine, qui a de Capitaine. On retient tant a chaque soldat sur sa pour son habit. la de l'armée. il tire double paye".
"Paye," se prend aussi pour celuy qui . Ainsi on dit d'Un homme que "C'est une bonne , une mauvaise ," pour dire, qu'Il bien, qu'il mal.
On dit prov. qu'"Il faut tirer d'une mauvaise ce qu'on peut," pour dire, que Quand un debiteur n'a pas bonne volonté de r tout ce qu'il doit, il faut quelquefois se contenter du peu qu'il offre. Il se dit aussi fig. pour dire, qu'Il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils ne sont en volonté de donner.




Emplacement dans le dictionnaire :

pavillon
pavillonné
pavion
pavois
pavoiser
pavot cornu
payable
payant
payé

payelle
payement
payen
payer
pays
paysage
paysager
paysan
pda
peabody
péage




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...y eût quelque proportion entre le châtiment et la faute, et pour cela il serait nécessaire que le degré de gravité de cette dernière fût sérieusement établi. Or, en fait, celui qui perd le procès paye les frais quand même ses intentions seraient pures, quand même il ne serait coupable que d'ignorance. Les raisons de cette règle semblent donc être tout autres : étant donné que la justice n'est pas...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...n'a pas de temps à perdre ! On était misérable. Le métier devenait chaque jour plus mauvais, au dire du vieux qui ne cessait pas d'établir des comparaisons entre les gains d'autrefois et la maigre paye d'aujourd'hui. Frappées dans leur fécondité, la terre et les eaux ne nourrissaient plus les hommes. Ils avaient bien quelque bout de champ, une maigre vigne. Encore ce bien, grevé d'hypothèques, les...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...entre les frères les produits des jardins, des vergers et des champs, quelle que fût la besogne ou la chance de chacun. On observerait la règle qu'établit la parabole évangélique, où le maître paye du même salaire les vignerons venus à la première heure, et ceux venus à midi, ou même le soir. Un seul luxe, et dévolu à tous : le cloître, la chapelle, la cathédrale. Une seule richesse : le...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...caractère sordide ou prétendu bas de certaines occupations pourrait aussi les désigner pour les personnes vouées aux travaux de l'esprit ; car ce caractère de bassesse devrait correspondre ou à une paye supérieure ou, ce qui revient au même, à une moindre durée des heures de travail. La bassesse, selon les idées mondaines, n'existe pas pour l'homme placé à un point de vue moral. La gymnastique, par...


Citation n°5 de Henry BECQUE (Les Corbeaux)

...trompe. C'est très joli, l'amour, très vague et très poétique, mais une passion, si grande qu'elle soit, ne dure jamais bien longtemps et ne conduit pas à grand'chose. Je sais ce que je dis. On ne paye pas, avec cette monnaie-là, son propriétaire et son boulanger. Je suis sans fortune, vous le savez ; mon fils n'a exactement que sa place ; des circonstances que je déplore ont compromis la...


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